• Genève Voyage Urbain

    reynaud_270_3_mai-z

    GENÈVE VOYAGE URBAIN

    Ed. L’Âge d’Homme – Lien pour le site d’éditeur

    03/2011 144 p. 978-2-8251-4105-2

    Livre photos

    Car le jour d’ici-bas est moins beau que la nuit …

    Textes de Georges Haldas

    Suivi de

    La nuit exposée de Giordano Tironi

    Au premier coup d’œil, le travail d’Alexis Reynaud est étrangement proche de la carte postale. Réalité réduite aux symboles, éléments simples, séduction immédiate. Mais au regard très conventionnel porté par les photographies tarifées des offices du tourisme, il oppose la complexité et la profondeur de son regard.
    Le jet d’eau, symbole conventionnel de Genève, est ainsi griffé de gris rouille par la grue du port des Pâquis ; une couleur qui sourd de chaque œuvre et distend l’âme comme une poire d’angoisse. La ville n’est pas directement hostile non plus. On n’est pas dans cette logique datée condamnant le béton et l’inhumanité de l’urbanisme. L’écheveau est délicat, il mêle la menace et la séduction, l’effroi et le cliché rassurant.
    Avec Alexis Reynaud, on n’est constamment sur le fil du rasoir. Quelque chose va se produire c’est certain, ça pourrait même être terrible, mortel. Mais  le temps est suspendu, entre un bonheur passé qu’on devine dans les formes, un côté un peu chromo, et le malheur annoncé par les tons rouille, certains angles vifs.Cette oxydation des couleurs, produite par les réverbérations des lumières de la ville, est le reflet de ces ciels chargés de février, de mars ou d’avril. On est après l’orage, les nuages sont bas et renvoient sur la cité et sa lumière et leur passé, lourd de menaces échues, chargé de violence à peine déversée.
    C’est alors qu’on se surprend à quitter Genève. On est ailleurs. Cette structure, cet immeuble, cette entrée de parking pourraient aussi bien appartenir à Bangkok, Los Angeles, Kinshasa ou à un futur indéterminé. C’est pourtant et toujours Genève dont nous parle Alexis Reynaud. Une métropole vide de touristes, vide de ses habitants, mais auxquels elle est rendue grâce à la vision d’un homme qui a su voir de la beauté là où d’autres – entre 1 heure et 3 heures du matin – ne voient plus que l’insécurité.

    Charles-André Aymon

    Betaplus – 2010

    Télécharger le fichier PDF – Betaplus